Haute fidélité

Basé sur un roman homonyme de Nick Hornby, High Fidelity narre donc les aventures de Rob Gordon, trentenaire attardé et éternel ado qui fuit les engagements, et se replonge dans l'étude de ses relations amoureuses (et surtout de la cause de leur échec) lorsque celle du moment le quitte. (apparté : toute identification entre la vie de ce personnage fictif et celle de l'auteur de ces lignes... Bref !). Rob est disquaire à Chicago, il vend des vinyles à des geeks, en compagnie de deux comparses aussi passionnés que lui. Ils ont une obsession : les listes, les classement, les compilations. Ils classent les chansons et les albums lors de joutes verbales dans le magasin, et Rob classe ses ex-, leurs qualités, leurs défauts, et leurs ruptures.


Stephen Frears colle aux baskets de son personnage, reprend une narration de roman (à la première personne, John Cusack s'exprimant souvent directement au spectateur, face caméra), et met sa mise en scène au service des personnages.
Le casting est très efficace : les acteurs et actrices sont parfaitement à l'aise dans la peau de leurs avatars et s'y coulent avec une fluide simplicité. John Cusack porte le film de bout en bout sans jamais faiblir, et l'écriture très précise des personnages, des dialogues, et des situations en fait une comédie romantico-intello (moins bavarde qu'un Woody Allen quand même) très agréable. Toujours juste (chacun retrouvera dans l'une ou l'autre le portrait d'une ex-, et les traits de caractères des trois protagonistes masculins sont là encore assez démarqués pour que chacun puisse s'y retrouver, sans être caricaturaux) musicalement très riche, bien écrit et surtout très drôle, High Fidelity entre dans mon Top 10 des comédies romantiques pas gnan-gnan (si, si, ça existe, surtout chez les Anglais).



Et pour rester dans l'esprit, voici ma "Top five post-breakup list" :
- I will survive, par Gloria Gaynor (évidemment) ou Cake (parce que ça fait toujours du bien de chanter "fucking"), au choix
- Back in black, par AC/DC (pour Bon Scott, et tous ceux qui refusent de mourir)
- I'm still standing, par Elton John (c'est quand même plus positif que Sorry seems to be the hardest word ;-) )
- Survivor, reprise par Tim Keegan (parce que les Destiny's Child, non, quand même pas...)
- Freedom! '90, par George Michael (comme pour Survivor : une chanson écrite initialement sans rapport avec une rupture amoureuse, mais j'ai parlé de la ré-interprétation de l'œuvre par le spectateur, et je suis sûr que Rob Gordon serait d'accord ;-)


Je crains de garder cette habitude de faire des listes :-)